Se réorienter sans perdre son année

Changer de voie après quelques mois est fréquent, prévu, et rarement dramatique. Ce qui coûte, c’est d’attendre le mois de juin pour s’en occuper.

Une part notable des étudiants ne termine pas sa première année dans la formation où elle a commencé. Ce n’est ni rare ni honteux : à dix-sept ans, on choisit avec les informations qu’on a, et certaines ne s’obtiennent qu’en y étant.

Distinguer trois situations très différentes

La première : la formation te convient, mais le rythme ou la méthode ne passent pas. Cela se travaille, et c’est souvent affaire de quelques semaines d’adaptation. La deuxième : le contenu ne correspond pas à ce que tu imaginais. La troisième : l’année n’est pas finançable, et c’est le budget qui décide à ta place.

Les trois demandent des réponses différentes, et les confondre fait perdre du temps. La première relève du tutorat et de la méthode ; la deuxième d’une passerelle ou d’un nouveau vœu ; la troisième d’un changement de ville, de logement, ou d’un passage en alternance.

Les chemins qui existent

  • Les passerelles internes : changer de parcours au sein du même diplôme, parfois sans perdre le semestre en cours.
  • Les formations qui recrutent en cours d’année, notamment au second semestre.
  • La procédure nationale, qui rouvre chaque année et accepte les étudiants déjà inscrits ailleurs.
  • La phase complémentaire, ouverte tout l’été sur les formations qui ont encore des places.

Ce qui se garde quand on change

Les crédits validés ne disparaissent pas. Un semestre obtenu peut être reconnu dans une autre formation, parfois intégralement, parfois en partie — cela se demande et se négocie avec le responsable du diplôme visé.

Le reste se garde aussi, même s’il ne figure sur aucun relevé : savoir travailler en autonomie, avoir compris ce qu’on ne veut pas faire, pouvoir l’expliquer dans un projet motivé. Un candidat qui écrit « j’ai commencé cette filière, voici ce que j’y ai compris et pourquoi je demande celle-ci » est plus crédible qu’un candidat qui n’a jamais rien essayé.

Se réorienter tôt coûte moins cher que se réorienter tard, en temps comme en argent. Le doute qu’on laisse mûrir jusqu’en juin réduit les options à ce qui reste, au lieu de ce qui convient.

Le budget, qu’on oublie de refaire

Changer de formation change souvent de ville, donc de loyer, donc d’aide au logement, donc de reste-à-vivre. Le calcul fait l’an dernier ne vaut plus, et le refaire avant de choisir évite de remplacer une année difficile par une année intenable.

Une réorientation vers une formation en alternance, en particulier, change entièrement l’équation : frais de scolarité pris en charge et rémunération perçue. C’est une piste qu’il vaut la peine de regarder avant de se limiter aux formations classiques.

Ce qui ne doit pas décider à ta place

Le regard des autres, d’abord. Une réorientation se raconte mal au dîner de famille et très bien dans un projet de formation motivé : ce sont deux publics différents, et c’est le second qui compte pour la suite.

L’envie de ne pas décevoir, ensuite. Terminer une année qu’on sait inadaptée pour ne rien avoir à annoncer revient à payer un an pour repousser une conversation d’une heure.

Et la peur de recommencer, enfin. Une première année n’est pas un engagement sur une vie : c’est une première marche, et les gens qui en changent sont nombreux, y compris parmi ceux dont le parcours paraît tout tracé.

À qui en parler

Au service d’orientation de ton établissement, qui connaît les passerelles et les délais. Au responsable de ta formation, qui peut proposer un aménagement. Et, si l’année pèse, aux services de santé étudiante, qui proposent des consultations gratuites. Ces interlocuteurs sont prévus pour cela, et ils ont vu passer beaucoup d’étudiants dans ta situation.

Questions fréquentes

Se réorienter en première année fait-il perdre une année ?
Pas nécessairement. Certaines formations accueillent des étudiants en cours d’année, d’autres permettent de valider un semestre qui sera reconnu ailleurs. Même lorsqu’une année est reprise depuis le début, elle est rarement perdue : les crédits obtenus, les méthodes acquises et la clarification du projet comptent dans le dossier suivant.
Qui contacter quand la formation ne convient pas ?
Le service d’orientation de l’établissement en premier, car c’est lui qui connaît les passerelles internes et les délais. Le responsable de la formation ensuite : certaines réorientations se règlent par un changement de parcours au sein du même diplôme. Ces services existent pour cela, et ils voient passer beaucoup d’étudiants dans la même situation.
Quand faut-il commencer à s’en occuper ?
Dès que le doute s’installe, et non au moment de la décision. Les passerelles internes ont des délais, la procédure nationale rouvre à date fixe, et certaines formations recrutent en cours d’année. Attendre le printemps réduit les options à celles qui restent disponibles, au lieu de celles qui conviennent.

Article rédigé par KitEtudiant.fr à partir de la procédure Parcoursup. Il décrit l’enchaînement des phases, qui ne change pas d’une année sur l’autre, et non les dates de la session à venir : celles-ci sont fixées chaque année par l’État et publiées sur parcoursup.gouv.fr. Ce n’est pas un texte officiel : en cas de doute, parcoursup.gouv.fr fait foi.